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À propos des pochettes de disques « spéciales »...

Quelques disques
avec des pochettes " spéciales "
non mentionnés
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Led Zeppelin
:
"Led Zeppelin III"
(Découpes diverses)

The Beatles :
" 1965 "
(Album ultra-rare
avec sa découpe circulaire)

Alice Cooper :
"School's out"
(Outre la pochette avec découpe
en forme de pupitre d'écolier, le vinyle
est glissé à l'intérieur d'un slip
sur certaines versions ultra-rares...)

Les Charlots :
"Fesse en rut majeur"
(Une rare version de cet album atypique
avec des chansons extrêmement coquines
reprend le concept de "School's-out"
avec lui aussi une petite culotte
contenant le vinyle)

Ici rendons hommage aux techniciens d'imprimerie (on dit "du Labeur") qui réalisent les pochettes de disques en général et celles plus « spéciales » en particulier. Un pochette classique ce n'est déjà pas simple à réaliser : Elle est imprimée sur une machine offset quadrichromique avec quatre groupes d'encrage successifs. Ensuite on change de machine pour réaliser le pelliculage qui va donner l'aspect glacé de la pochette pour un nouveau tirage assez délicat.

Une troisième machine va recevoir de nouveau le tirage après qu'une « forme de découpe » ait été réalisée : il s'agit d'un socle de bois sur lequel sont fixées des lamelles coupantes métalliques dont la forme correspond aux découpes avec les onglets du disque (filets de découpe). Des lames de filets non coupants dits "raineurs" correspondent au pliage de la pochette. La machine de découpe va ensuite jouer son rôle pour ce troisième tirage. Il faut ensuite « décortiquer », souvent manuellement, à savoir séparer la partie coupée des rebuts de carton... Le tout dans le vacarme assourdissant de la presse ...

Encore un nouveau passage sur une machine dite encolleuse qui distribue un mince filet de colle sur les rabats et pliage définitif de la pochette. « Pourquoi un filet aussi mince » me direz-vous ? Vous qui comme moi, devez souvent recoller les dites pochettes(* ) en pestant contre le "radinisme" des fabricants qui mettent si peu de colle ! En fait moins l'opérateur met de colle mieux la machine fonctionne et surtout après chaque tirage plus on a consommé de colle plus la machine est encrassée et longue à nettoyer...

C'est déjà pas simple comme vous le voyez pour un disque standard, mais que dire dans le cas d'un disque comportant par exemple un pop up ! Il faut une découpe spéciale très complexe. Le carton fragilisé par les découpes multiples accroche et multiplie les risques de "bourrage" ! Et dans les années soixante les formes de découpe n'étaient pas réalisées par traçage informatique. Dans le cas par exemple du disque "hologramme" des Stones, ce dernier était collé sur la pochette à la main de même que la fermeture Éclair du « Sticky fingers » a été probablement placée à la main... Dans le cas des fenêtres, après pliages et découpes le repérage doit être rigoureux ! Du grand art vous dis-je... Ce qui explique que ces disques ne sont finalement pas très nombreux et que si l'album avait du succès, on était sûr que les rééditions se vendraient et donc exit les découpes et effets spéciaux on revenait à la pochette classique... Ainsi par exemple "Sticky fingers" "Their satanik majesties" "Crache ton venin" se trouvent le plus souvent avec des pochettes lisses reproduisant fermeture éclair, hologramme etc. en impression seulement.

D'autres disques que je qualifie également de "spéciaux" au niveau de leur pochette comportaient des effets métalliques argentés qui aujourd'hui surprennent moins mais étaient révolutionnaires à l'époque. Tout d'abord le disque archi connu des "Iron butterfly" "In-a-gadda-da-vida" dont le graphisme "papillon d'argent" reste un modèle du genre. Ce type d'encres d'imprimerie était bien entendu utilisé dans la publicité, parfums, etc.. Le "Wheels of fire" des Cream reprit cette technique, notons aussi le "Phaedra" de Tangerine dream et ensuite bien d'autres. Une mention spéciale pour le "Barboletta" de Carlos Santana de 1974 dont les reflets bleutés "écailles et (encore) papillon" sont des plus spectaculaires.

(*) Pour recoller une pochette avant tout ignorer absolument l'ennemi héréditaire du vinylmaniaque : le ruban adhésif de type « Scotch » dont l'utilisation irresponsable défigure souvent à jamais de nombreuses pochettes. Pour ma part je finis de décoller entièrement la pochette. Muni d'un simple bâtonnet de colle type « Uhu » j'enduis soigneusement le bord intérieur de la pochette et les onglets du côté correspondant. Je referme la pochette (vide bien sûr) et appuie fortement quelques instants. Ensuite je place celle-ci entre deux plaques de bois aggloméré d'environ 32 cms de côté que je maintiens serrées à l'aide de petits serre-joints que l'on trouve dans les magasins de bricolage. Après 24 heures de ce traitement la pochette ressort recollée parfaitement.


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